Ségolène Royal dément avoir refusé d'entrer dans l'équipe de Martine Aubry

Ségolène Royal dément avoir refusé d'entrer dans l'équipe de Martine Aubry
Ségolène Royal a démenti dimanche soir avoir refusé d'entrer dans la nouvelle direction du Parti socialiste, ainsi que l'avait déploré samedi la nouvelle première secrétaire Martine Aubry, affirmant au contraire qu'elle restait "disponible".

"Je ne veux pas que l'on puisse dire que j'ai refusé de travailler, je souhaite travailler, je lui ait dit, je souhaite me mettre à la disposition du parti", a déclaré Mme Royal sur France 2.

"Deux fois dans son bureau et une fois au téléphone, je lui ai dit que je suis disponible pour travailler, que nous attendons que Martine nous propose des responsabilités à la hauteur de ce que nous pouvons apporter aux Français (...) je souhaite avoir des responsabilités", a-t-elle insisté.

En présentant samedi sa nouvelle équipe, Martine Aubry avait déploré que Ségolène Royal n'ait pas accepté ses propositions destinées à y inclure certains de ses proches. "Elle ne l'a pas souhaité, je respecte totalement sa décision mais je lui ai dit aussi la porte restera toujours ouverte", avait déclaré la maire de Lille.

La présidente de la région Poitou-Charentes a par ailleurs indiqué qu'elle ne se considérait pas "dans l'opposition" du PS.

"Je représente la moitié des militants du Parti socialiste et donc je souhaite travailler dans la direction du Parti socialiste, comme cela a été fait, on l'a vu, aux Etats-Unis, où (Barack) Obama a appelé Hillary Clinton", a fait remarquer Ségolène Royal.

Le président élu américain a décidé de confier le poste prestigieux de secrétaire d'Etat à l'épouse de l'ancien président Bill Clinton, qu'il avait affrontée lors des primaires du Parti démocrate.
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# Posté le dimanche 07 décembre 2008 16:01

ET SI SEGOLENE REJOIGNAIT TAUBIRA?

Ségolène a toujours dit qu'elle respecterait le choix des militants.

Alors quittons le Ps pour le PRG,elle nous suivra,bien obligé puisque nous sommes ses seuls soutiens.

La Motion E représente 30% du PS soit environ 40 000 adhérents.

Sachant que la cotisation au PRG est de 40 euros,et non progressive,nous devons franchir le pas et l'annoncer ICI HAUT ET FORT.De plus,ce parti dispose de 7 députés,5 sénateurs,3 présidents de régions et nous avons au cotés de Ségolène de Pierre Bergé(pour le financement).

Allons-Y!!!!!!!
ET SI SEGOLENE REJOIGNAIT TAUBIRA?

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 03:06

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 05:54

La colère des militants socialistes monte...

La colère des militants socialistes monte...
Dans une élection qui a vu la victoire d'un camp contre l'autre à + ou - 50%, on s'attend à ce que la candidate choisie prenne en compte le résultat et s'accorde avec sa rivale pour l'associer à la construction de l'avenir. On aura besoin de tout le monde.

Mais il se trouve que depuis son élection Martine Aubry a eu toutes les peines du monde a concocté son texte d'orientation susceptible de satisfaire ses alliés. Il est vrai que rassembler sur un texte qui satisfasse aussi bien Emanuelli, lienemann que Rocard, DSK est une vraie gageure. Notamment sur la conception de l'Europe qui est aux antipodes pour les uns ou pour les autres.
Mais le vrai affront a été que pendant tout ce temps une seule motion n'a pas été invité à en débattre: la E! On veut bien avoir été battu, dans les conditions que l'on sait, mais faire fi de notre bonne volonté de rassemblement et continuer à nous ignorer semble être une volonté d'ostracisme et de marginalisation. Et cela est dangereux.

C'est dangereux parce que cette nouvelle direction ne semble pas avoir pris en compte le ressenti profond des militants meurtris de s'être fait déposséder d'un scrutin démocratique et juste. Ils ont, et auront, l'impression de s'être fait voler leur élection et n'accepteront pas le diktat de cette direction clairement orienté contre ségolène Royal et son équipe. Déjà beaucoup parlaient de quitter le PS et de créer un nouveau parti politique autour de ségolène Royal et d'autres envisagent maintenant de porter plainte contre le déroulement du vote.
Ces militants meurtris ne se rangeront pas comme des moutons derrière cette nouvelle direction. C'est-à-dire qu'ils n'auront nulle envie de voter pour le PS aux élections européennes par exemple. Et c'est dangereux pour l'avenir du PS!

Ce billet est aussi un cri d'alarme envers le parti socialiste. Nous ne pouvons plus accepter le TSSR. Nous ne supporterons plus le mépris et l'arrogance à son égard. Nous ne supporterons plus la vieille politique qui consiste à faire le contraire de ce que l'on dit. Et nous voulons absolument que la priorité soit donnée au renouvellement des pratiques démocratiques de ce parti. Nous n'accepterons pas un nouveau vote dans ces conditions. On exige la transparence démocratique dans toutes les fédérations. A chaque carte doit correspondre une adresse mél, permettant ainsi de généraliser le vote par internet. Il faut sortir de l'archaïsme des méthodes qui entraine des frustrations et des ranc½urs irréparables.

Camarades votre folie TSSR est en train de tuer le parti socialiste. Vous ne vous opposez pas aussi violemment au sarkozysme. Camarades n'oubliez pas que nous sommes la moitié à avoir voulu mettre fin à vos agissements à la tête du parti. Alors ne nous méprisez pas et ne nous montez pas contre vous. montrez que vous nous respectez et que votre soucis premier sera de moderniser ce parti ce qui est la condition sine qua non pour construire durablement l'avenir. Camarades respectez la démocratie, respectez-nous.

# Posté le vendredi 05 décembre 2008 12:13

Un plan de relance pour occuper l'espace

A crise exceptionnelle, dispositions exceptionnelles.
Le plan de relance annoncé dans une mise en scène des plus sobres par le chef de l'Etat le jeudi 4 décembre devait pouvoir relancer une économie aux portes de la récession.
Evalué à 26 milliards d'euros, le plan de relance à la Française estimé à environ 1,3% du PIB (1950 milliards d'euros) ne constituera en rien l'électrochoc annoncé et souhaité pour relancer une économie en crise.

1. Une crise pour avertissement

L'année 2008 aura été celle de l'effondrement d'un modèle économique : celui où l'on pensait que tous les excès étaient éternellement possibles, sans limite.

Cette crise, sans aucun doute de « civilisation » au sens où le monde se cherche un but, constitue indubitablement l'une des profondes preuves qu'il n'y a pas d'avenir possible pour l'humanité sans qu'elle se donne des limites.

La crise financière a fait voler en éclats les paradigmes « fashions » comme l'auto régulation du marché, le découplage de l'économie, la maîtrise des crises par les instances internationales, etc..., et même si notre « gauche local » ne sait absolument pas en user, force est de constater que toutes les incantations libérales en prennent pour leur grade : le pacte de stabilité est lui-même mis au placard.

La conséquence sur l'économie réelle ne s'est pas faite attendre, et il fallait s'y attendre depuis déjà plusieurs années : la crise financière a fait fondre les capitalisations et autres portefeuilles des actionnaires. Elle s'est parallèlement ajoutée à une phase de décélération des prix de l'immobilier, venant dévaloriser les patrimoines, et enfin a fini de stopper net la croissance molle agonisante d'une économie industrielle incapable de produire sans exploiter et concentrer.

Tous les indicateurs ont viré dans le rouge, si ce n'est celui du pétrole qui, avec les jeux spéculatifs et d'adéquation offre/demande a vu son prix revenir à des niveaux de 2006.

La crise économique, mondiale, qui s'annonce pour 2009, et particulièrement en Europe devrait pourtant engendrer des réactions autrement plus fortes que celles consistant à venir, au pied du mur, injecter à des banques fautives, des milliards d'euros pour se recapitaliser et relancer le marché des liquidités bancaires.

L'Europe, en ordre dispersé, a hésité – et hésite encore – à tenter un plan de relance massif. Il faut dire qu'il s'agit là des dernières cartouches budgétaires avant d'aller pointer à la liste qui s'allonge des pays en demande d'injection de milliards par le FMI.

Car soyons clairs : si la France ne redresse pas rapidement ses finances publiques et parallèlement son économie, c'est la faillite de l'Etat et la tutelle du FMI qui attend les français.

Face à ces enjeux, que nous propose t'on ?

2. De la trésorerie et des mesurettes pour amusement

Le plan massif de Nicolas Sarkozy consiste à jouer sur 3 facteurs :

1. Donner l'illusion d'engager de nouveaux financements (effet trésorerie)
2. Poursuivre dans une logique du « tout pour l'entreprise »
3. Donner des mesurettes pour la plèbe afin d'occuper l'espace


Quand on lit plus attentivement les dispositions proposées, et les personnes de niveau s'en apercevront rapidement, il est marqué entre les lignes : Chef de l'état ne sachant plus quoi faire réutilise les recettes qui n'ont pas marché affaire d'occuper l'espace.

Prenons les une par une brièvement :


23 milliards pour de la trésorerie

A. Volet « Effet Trésorerie » sur les infrastructures
Nicolas Sarkozy indique sa volonté de relancer les investissements publics à hauteur de 11,5 milliards d'euros, notamment pour les grands projets d'infrastructures.
Certes, il est – enfin – grandement nécessaire de relancer les projets d'infrastructures, les seuls vrais projets d'envergure publique qui dimensionnent la richesse d'un pays.
Pour cela, il y a notamment les contrats de projet Etat-Région (CPER) dont le dernier couvre la période 2008-2013.
Les CPER sont bouclés depuis 2008 et sont aujourd'hui en phase de mise en ½uvre.
L'injection annoncée de 11,5 milliards (même si 2,5 milliards sont issus des collectivités locales et 2,5 autres des entreprises publiques mais passons) constitue donc ni plus ni moins qu'une demande d'accélération d'engagement de crédits, ceux-ci n'ayant pas été débloqués quand les acteurs locaux les demandaient, et ne peuvent l'être en l'état sans que les études et autres travaux préliminaires aient été achevées.

Avancer une ligne budgétaire ne fait pas construire une ligne à grande vitesse (LGV) d'un coup de baguette magique. Cela fera peut-être sans doute plaisir à Bouygues, Vinci, Eiffage & Consors pour relancer leur business mais ne changera pas grand-chose pour les « sous-traitants » déjà sollicités pour ces projets.
De plus, les effets sur l'économie réelle ne se verront que d'ici 2 à 3 ans minimum, les projets d'envergure « CPER » ne pouvant se mesurer qu'à moyen terme sur l'économie, si tant est que l'on ne revende pas les infrastructures lorsqu'elle viennent à rapporter de l'argent à l'Etat (cf autoroutes).

Il y a aussi les « redites » sur le plan Campus, celui-là même qui devait s'appuyer sur 5 milliards d'euros issus de la vente des actions EDF, elles-mêmes vendues à 3,7 milliards du fait de la baisse des cours, et ces 3,7 milliards replacés sur d'autres actions/placements dont les intérêts sont sensés alimenter les projets... Bref ce n'est pas 5 milliards, mais de malheureux intérêts sur une somme qui a fondue en bourse qui sera réellement utilisée. Les campus peuvent donc toujours attendre !

Enfin les 1,4 milliards pour l'armement, très utiles pour le développement humain, ainsi que les 8 milliards de prêts pour les « PPP » où participent Bouygues, Vinci... bref les mêmes.


B. Second volet trésorerie pour les entreprises
L'anticipation du remboursement par l'Etat de11,5 milliards d'euros de dettes (crédit impôt-recherche, TVA, impôt sur les sociétés) aux entreprises afin "d'améliorer leur situation de trésorerie" va pleinement en ce sens.
Il s'agit ni plus ni moins que de différer les taxes à percevoir et d'anticiper des reversements de « trop perçu » afin de donner aux entreprises plus de liquidités.
Cela n'a aucun effet à moyen terme puisque la ligne budgétaire ne change pas : les entreprises doivent toujours verser des taxes et l'Etat aligner ses comptes.

A court terme, cela donne une impression de trésorerie et peut éviter les effets « à découvert » : ce levier reste « marginal » face à la situation initiale posée.

On notera en complément « règlementaire » la disposition consistant à faire exploser les seuils des marchés publics : une disposition qui passe inaperçue mais qui risque de faire très mal à moyen terme.
L'idée de N.Sarkozy étant de faire sauter les plafonds des appels d'offre (206k¤ à 5,15M¤) pour faciliter la commande publique.
Le problème étant, que s'il existe des marchés publics, c'est justement pour éviter que la commande publique ne devienne du pur clientélisme local. Les plafonds existent pour permettre l'accessibilité, la concurrence et la transparence de la commande publique, notamment pour les marchés importants.
Faire sauter les plafonds n'est pas sain, ni pour les finances publiques, ni pour la transparence : cela amène à revenir au temps de l'ORTF... encore.

Bilan : 23 milliards sont uniquement « avancés » sur le budget 2009 pour « porter » les projets et les entreprises. Cela ne change en rien la donne de fond, et finalement, n'aura que peu d'incidence budgétaire outre le fait de payer des intérêts sur les sommes avancées.

3 milliards pour la galerie

Pour compléter les lignes un peu vide de ce plan, 3 milliards pour des dispositions « diverses » qui n'auront absolument aucun impact dimensionnant sur l'économie et permettront aux finances publiques de se creuser joyeusement un peu plus :
- 200¤ de plus pour les bénéficiaires de la prime pour l'emploi à plein (3 millions de bénéficiaires), c'est-à-dire une carotte pour les plus bas revenus d'activité
- Une prime à la casse de 1000¤ pour un achat de véhicule neuf (vous connaissez beaucoup de gens qui ont des vieilles bagnoles et achètent neuf leur véhicule ?) qui n'aura pour seul effet que de stimuler temporairement la demande sur un marché en baisse de 25% en 3 mois sur le plan Européen.
- 300 millions d'euros sous forme d'appui aux trésoreries des constructeurs automobiles (je n'ai pas tout suivi sur ce point)
- Une nouvelle exonération des cotisations sociales pour les embauches entre 1 et 1,6 SMIC en 2009 (comme ça au moins c'est clair ; les revenus sont plafonnés) succédant à toutes les autres exonérations du même ordre (et peut-être même est-ce une répétition)
- 500 millions pour la mise en ½uvre du « Contrat de Transition Professionnel », faut-il encore que ce contrat ait du contenu.
- le doublement du Prêt à taux Zéro pour l'achat d'un logement neuf en première résidence principale (sans doute la moins pire des mesures même s'il s'agit d'une rustine qui pourrait alimenter les prix élevés) ainsi que le rachat de 30 000 logements à des promoteurs déjà annoncé en novembre et qui risque de s'avérer hautement « casse-gueule »

Bilan : 3 milliards dispensés en actions diverses et peu structurantes. Aucune action sur la fiscalité ou l'organisation de la sphère publique (dépense/recette). A peine une perfusion pour l'industrie automobile, celle-ci étant déjà sous morphine avec la prime « diesel-écolo ».

Le grand absent : le Français moyen et son pouvoir d'achat.
Aucune disposition sur les salaires (indirectement sur la fiscalité ou les taxes), aucune disposition amortissant les délocalisations et autres générateurs de chômage.
Rien, si ce n'est du réchauffé qui ne fonctionne déjà pas.

Un modèle à bout de souffle, depuis trop longtemps.


3. Une crise pour un modèle nouveau à créer

Il suffit de lire rapidement ces points pour comprendre que les décisions majeures n'ont pas été prises.
Elles ne l'ont pas été car l'Europe elle-même est frileuse quant à engager un plan de relance massif, entraînant les dettes publiques dans des fosses abyssales.

Nicolas Sarkozy a voulu faire bonne figure, mais finalement il ne faut pas se tromper : l'UE – l'Allemagne en tête- ne souhaite pas réaliser un plan type « Obama » parce qu'elle n'est elle-même pas convaincue par ce plan et pense que celui-ci n'aura pas le même effet sur des économies historiquement plus rétives au changement et à l'adaptation en peu de temps.

Seul le Royaume-Uni de G.Brown a fait le choix de « tenter quelque chose » parce que la finance au RU a pris une telle mesure sur la croissance qu'il n'était pas possible de ne rien faire.

Il demeure néanmoins que l'Europe, et même l'économie mondiale, sont aujourd'hui face à un problème bien plus vaste que la simple question de « rustiner » un système qui touche ses limites : comment générer de la croissance durablement, sans réguler puisque les plus puissants ne le souhaitent pas, et sans crasher puisque les plus pauvres ne suivent plus ?

Comment générer des richesses quand la production est captée par des économies où le coût du travail est 10 fois moindre, quand les profits sont captés par une minorité, quand les ressources s'amenuisent et que les frais de fonctionnement à l'identique explosent ?
Comment assumer les charges d'un niveau de vie aussi « consumériste de ressources » sans en avoir les moyens depuis aussi longtemps ?

Ces questions là, entre autres, Nicolas Sarkozy et tous ceux qui critiquent sans apporter de propositions auraient pu se les poser.

Ils auraient pu alors avancer que les grandes dispositions de « relance » constitue avant tout à redonner du pouvoir d'achat aux individus, à axer l'action économique sur les ménages moyens, à focaliser sur les enseignements et le savoir dans l'éducation, à mettre le paquet pour corriger l'injustice fiscale, sociale ou spatiale de ce pays.

Oui, le chef de l'état aurait pu faire le pari de croire qu'avec des ménages aux revenus du travail nettement plus élevés, notamment par une redéfinition profonde de la fiscalité, ceux-ci auraient à nouveau fait le choix de consommer. Et si ceux-ci revenaient à consommer, on pourrait les orienter vers des produits « éco-durables » que de nouvelles sociétés pourraient mettre en place, en France, générant alors des revenus, des emplois et des impôts pour l'Etat.

Il est possible de relancer l'économie de la France, avec ou sans l'UE (avec c'est mieux) en se donnant les moyens d'engager des cycles économiques vertueux dotant les acteurs qui prennent des risques d'appuis pour réaliser leurs projets, leurs rêves et leurs entreprises.

L'économie de Sarkozy, de Barroso et de Bush est une économie du passé, fondée sur des dogmes du passé, enseignés par des profs eux-mêmes alimentés par des repères du passé et conseillés par des spécialistes eux-mêmes acteurs de la chute de ce système : un problème ne peut être résolu par ceux-là mêmes qui l'ont engendré.

A crise exceptionnelle, dispositions exceptionnelles, innovations et stimulations économiques exceptionnelles.

La France comme la « vieille UE » ont besoin de modèles nouveaux pour imposer leur marque dans le monde. Il n'y a pas de leadership économique pour ceux qui suivent et ne prennent pas les devants.

Si nous revendiquons une place au premier rang mondial, nous ne pouvons nous contenter de plans « cache-misère » et nous devons affronter la réalité en face :

La crise de 2008 est l'occasion, historique, de changer nos modèles de vie pour aller vers d'autres repères de développement humain que la simple course au rendement et à la consommation à outrance de tout ce qui passe sous nos mains.

L'argent ne fait pas tout, et ne peut être concentré sans occasionner la chute de tous.
Qu'on le veuille ou non, notre monde est mortel (nous l'avons appris au 19ème siècle), nous savons dorénavant qu'il n'a d'avenir que s'il se fixe des limites et apprend à raisonner dans l'intérêt global.

Saurons-nous un jour assumer notre destin et changer les choses pour un monde plus rationnel, plus équilibré et plus juste pour l'accomplissement de tous ?

Nous en sommes encore loin.
Mais si nous le voulons, nous le pouvons.
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# Posté le vendredi 05 décembre 2008 12:04

Peillon: "les conditions d'un rassemblement" au PS pas réunies

Peillon: "les conditions d'un rassemblement" au PS pas réunies
Vincent Peillon, bras droit de Ségolène Royal, a déclaré vendredi à la presse que "les conditions d'un rassemblement ne sont pas là, et la responsabilité en incombe à Martine Aubry", à la veille d'un Conseil national où Mme Aubry doit annoncer la nouvelle équipe dirigeante du PS.

Les partisans de Mme Royal ont décidé de s'abstenir lors du vote au Conseil national qui doit entériner la nouvelle équipe (secrétariat national).

Mme Aubry, affirment-ils, leur a soumis un texte d'orientation in extremis, vendredi matin, document qui avait été approuvé par les chefs de file des autres sensibilités, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon.

"Ce n'est pas le texte lui-même qui pose problème, c'est plutôt la méthode", "les conditions tardives" dans lesquelles le texte a été communiqué, a déclaré M. Peillon. "Ce texte ne peut constituer une feuille de route pour un rassemblement", a-t-il ajouté.

Mme Royal et ses partisans représentent environ 30% des instances dirigeantes, et l'ancienne candidate à l'Elysée a obtenu autour de 50% des voix des militants face à sa rivale victorieuse, pour le poste de Premier secrétaire.
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# Posté le vendredi 05 décembre 2008 10:20

Plan de relance: les critiques de Royal

Plan de relance: les critiques de Royal
Ségolène Royal a estimé aujourd'hui à Florange (Moselle) que le plan de relance proposé ce midi par Nicolas Sarkozy était constitué de "mesurettes qui ne sont pas à la hauteur du problème".

Madame Royal a préconisé une "supression du paquet fiscal" qui permettrait, selon elle, de verser un 13ème mois à 8 millions de Français ayant de faibles revenus. Elle a également préconisé la supression des niches fiscales qui, a-t-elle estimé, permettrait de verser "avant Noël un chèque énergie de 1.000 euros à 20 millions de Français" aux revenus modestes.

"Dans le pays, c'est silence on souffre. Il faut répartir avec plus de justice de l'argent qui est là", a-t-elle poursuivi. "La crise doit nous servir à définir un autre modèle économique et fiscal. Pour cela, il faut que Nicolas Sarkozy mette en adéquation ses discours avec ses actes. Il me semble que le président est déconnecté de la base et qu'il a perdu le sens des réalités de la vie quotidienne des Français", a-t-elle encore déclaré.

# Posté le jeudi 04 décembre 2008 12:43

Ce n'est pas possible! Ségolène Royal! Levez-vous!

Ce n'est pas possible! Ségolène Royal! Levez-vous!
Je peux tout comprendre... Mais vous devez conserver l'intégrité de dépasser le fameux débat qui n'a pas eu lieu! Vous devez continuer de vous élever avec la MOITIE de la France! Ségolène! Et ROYAL qui plus est! Vous devez avoir confiance en votre voix majoritaire, majorité intrinsèque, majorité du "bon sens" autant que le emprisonnés de douze ans faire ne se peut! (incroytable mais réel!) S'il vous plait, reprenez votre bâton, de pélerin, votre épée, d'impératrice, parcourez les territoires, parlez au JT de 20 heures de TF1 (!.. Oui!) Ségolène: ne lâchez rien. Maintenant, surtout: ne lâchez rien. Je vous retourne l'imprécation: continuez! N'abandonnez rien, pas un once, pas une miette. Le pain se fait dans la poussière d'or qui reste dans les yeux des affamés..
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# Posté le jeudi 04 décembre 2008 04:15

Du tirage du côté de la motion A

Du tirage du côté de la motion A
Il y a du tangage depuis quelques jours entre Delanoïstes et Hollandais. Les deux camps qui représe ntent chacun 45% des délégués au Conseil national élus sur la motion A (le reste a été attribué aux amis de Pierre Moscovici) ne se positionnent pas de la même façon face à la nouvelle direction. Alors que les premiers sont disposés à intégrer la majorité, les autres, redoutant d'être marginalisés et pris en étau entre delanoïstes et royalistes, sont beaucoup moins enthousiastes.
Michel Sapin, proche de François Hollande, s'inquiète de ce que sera la position de la future direction (au sein de laquelle Benoit Hamon compte occuper une fonction importante) sur les questions européennes. Ce n'est pas tout. « On sent depuis quelques jours que les boute-feux remontent au créneau » se plaint aussi Michel Sapin qui dit viser autant le camp Royal. En réalité, il fait surtout allusion aux jospinistes. En particulier à Harlem Désir, accusé de ne laisser à ses alliés que la portion congrue et faire de l'anti-Royalisme une obsession. « Le mariage de raison est en train de tourner au mariage forcé ; si ça continue comme ça se sera la rupture » redoute un élu au Conseil national sur la motion A. « Les partisans du maire de Paris accusent ceux de François Hollande de porter la responsabilité de la défaite alors que les autres font remarquer que les meilleurs scores de la motion A ont été réalisés dans les fédérations hollandaises » explique-t-il.
Les dernières quarante-huit heures, les pro-Hollande se sont retrouvés pour un dîner où leur mécontentement s'est nettement exprimé alors que le bureau du maire de Paris a été le théâtre, mardi, d'un « sommet » des jospinistes historiques. Ces derniers refont ce qu'ils ont tenté de faire à Reims, pendant la réunion de la commission des résolutions, avec les motions Aubry et Hamon. Ils continuent de discuter du texte d'orientation que Martine Aubry pourrait proposer à ses interlocuteurs jeudi et, parallèlement, se préoccupent de ce que Bertrand Delanoë a pudiquement baptisé « le dispositif humain ». C'est à dire la répartition des places.

Le futur secrétariat national serait resserré (20 à 25 membres contre 42 actuellement) et pourrait faire une place de choix à Harlem Désir qui vise le secrétariat à la coordination, ce qui en ferait le numéro-deux implicite du PS. Autre enjeu d'importance, le secrétariat national aux fédérations est l'objet de nombreuses rumeurs. Les jospinistes y enverraient volontiers l'un des leurs. Alain Fontanel, énarque et adjoint au maire de Strasbourg, serait un candidat de compromis... même s'il n'a pas vraiment le profil de la fonction. Par ailleurs, il semble que l'obligation, édictée par Martine Aubry, d'une stricte parité créée quelques difficultés dans les rangs de la motion A. L'équipe Delanoë-Hollande n'est, à n'en pas douter, sûrement pas la seule à se trouver dans ce cas.
Renouvellement oblige, les « grands architectes » du congrès (Bartolone, Cambadélis ou Vaillant) ne devraient pas jouer les premiers rôles dans l'exécutif de Martine Aubry. Mais leur poids politique n'en sera pas moins essentiel.
Enfin, l'idée d'un « shadow cabinet » semble écartée. Chaque secrétaire national sera chargé d'animer son secteur, indépendamment des groupes parlementaires. En tout état de cause, les présidents des groupes socialistes à l'Assemblée et au Sénat seront invités à assister à toutes les réunions du secrétariat national.
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# Posté le mercredi 03 décembre 2008 17:15

Lente dérive vers une « dictature molle » à la Française

Lente dérive vers une « dictature molle » à la Française
Depuis l'arrivée au pouvoir du président de la République, Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa, certains de nos concitoyens, des élus, des associations constatent avec inquiétude une multiplication de faits graves. Ceux-ci vont de propos présidentiels et gouvernementaux blessants à l'apparition d'une stratégie récurrente de division de nos concitoyens, de la manipulation et du contrôle de l'information à l'appropriation des moyens de l'Etat par des groupes d'intérêt ou des personnes, dont au premier rang, le Président de la République. Dans le même temps, les institutions publiques sont affaiblies, le système judiciaire est attaqué et mis sous pression, alors que des actions policières de plus en plus politiques sont souvent conduites avec une violence inutile, quand elles ne bafouent pas les libertés publiques. En route vers une « dictature molle » !

Il est important de réaliser que les « dérives » constatées aujourd'hui résultent d'un mode opératoire mis en place bien avant l'élection de Mr. Sarkozy de Nagy-Bocsa à la présidence, par exemple lors de sa campagne électorale et lors de ses passages dans différents ministères de la mandature de Mr. Jacques Chirac. Les lecteurs ont en mémoire les épisodes du « Karcher » et de la « racaille », propos que Mr. Sarkozy de Nagy-Bocsa avait tenus alors qu'il était ministre de l'intérieur, ou le qualificatif de « véritable mafia » utilisé lors des émeutes des banlieues alors que les renseignements généraux parlaient, eux, de « révolte populaire des cités ».

Lors de la campagne présidentielle, de nombreux arguments présentés par le futur président reposaient sur une présentation dichotomique de notre société et de ses membres, sur une double stratégie de division de nos concitoyens, et de recherche de boucs émissaires. Ces oppositions ont particulièrement visé les chômeurs, accusés de « refuser des emplois » où les fonctionnaires « trop nombreux », deux catégories souvent présentées comme des parasites de la société face aux entrepreneurs, artisans et autres membres de la « France qui se lève tôt »... De même, prenant l'opinion publique a témoin, le futur président n'hésitait pas à exhiber un cas ou deux cas avérés d'abus des systèmes de protection sociaux pour justifier la modification de ces systèmes. Le paradigme en la matière fut cette assurée sociale qui avait consulté des dizaines de médecins différents et accumulé des centaines de boîtes de médicaments qu'elle revendait sous le manteau, exemple utilisé par la suite pour justifier de la franchise médicale appliquée sur chaque boîte de médicaments.

L'intérêt de la stratégie du bouc émissaire, mêlant désinformation et manipulation, est au moins triple. Elle permet tout d'abord, comme le font les prestidigitateurs, de détourner l'attention de nos concitoyens des vrais problèmes et des véritables causes de ces problèmes. Ainsi, dans le cas des chômeurs, leur présentation comme des assistés fainéants vivant aux crochets de la société permet de ne pas parler des véritables chiffres du chômage, de la précarité croissante de l'emploi, de la fraude fiscale massive des professions libérales, de la faiblesse du suivi ANPE et du travail au noir institutionnalisé dans certains secteurs (BTP, restauration). Dans ces deux derniers cas, certains des problèmes constatés sont d'ailleurs liés à la diminution des moyens ou du nombre de fonctionnaires chargés de ces taches, que l'on pourra aussi rendre responsables de cet état de fait, alimentant du même coup la diatribe sur le « trop d'Etat »... Cette stratégie crée aussi une tension d'inquiétude, une peur, chez le public visé par la démarche auquel on présente certaines catégories sociales comme potentiellement dangereuses (les « jeunes », les habitants des banlieues, les immigrés, etc.). Elle permet enfin de justifier aisément la mise en place de « réformes », de présenter les opposants lucides comme des individus irresponsables prêts à gaspiller l'argent public, et surtout de faire accepter la mise en place d'une politique sécuritaire forte, bien entendu « dans l'intérêt général ».


Une dérive antisociale, sécuritaire et vichyste

Depuis son élection, Mr. Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa et son gouvernement tirent les bénéfices de cette stratégie du bouc-émissaire. Le problème de l'immigration est emblématique. Rappelons tout d'abord la création du ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. Le terme d'identité nationale rappelle que 20% environ de l'électorat du président est constitué de sympathisants du front national. Il rappelle aussi malencontreusement, de par ses prérogatives et ses moyens, le gouvernement de Vichy et son « commissariat général aux questions juives », à tel point que de nombreux intellectuels et politiques ont contesté cette dénomination. Elle ne peut, selon eux, que « renforcer les préjugés négatifs à l'égard des immigrés [...] l'identité nationale constitue une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère ». Plus grave, cette dérive a aussi donné naissance à une très xénophobe proposition de loi originaire de députés UMP qui permettrait aux tribunaux de déchoir de la nationalité française les étrangers naturalisés reconnus coupables de faits graves dans les violences urbaines.

Le parallèle avec le gouvernement de Vichy ne s'arrête malheureusement pas là. Ainsi, le terme « valeur travail » rappelle, de façon certes anecdotique, le motto de l'Etat Français. Cependant, c'est bien au nom de cette « valeur » que le gouvernement poursuit ses entreprises antisociale et de division des Français. La loi sur le service minimum d'accueil (SMA) en est l'exemple symbolique. Présentée comme une disposition permettant à ceux qui travaillent de ne pas être gênés par l'absence des instituteurs, elle cache avec difficulté sa philosophie véritable. Tout d'abord, elle donne une vision biaisée de l'école, qu'elle présente comme une garderie d'enfants, vision renforcée par les déclarations de Mr. Xavier Darcos sur les institutrices de maternelle tout juste bonnes à « faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches »... Ensuite elle exonère l'Etat de régler les problèmes qu'il crée et qui conduisent aux grèves des enseignants, en transférant aux collectivités locales la gestion de crise sans leur en accorder les moyens. Enfin et surtout, elle légalise la casse de grèves. Bien que s'en défendant, le triomphalisme de Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa en la matière l'a trahi alors qu'il déclarait en meeting à la Mutualité « maintenant quand il y a une grève, plus personne ne s'en aperçoit ». Petit problème : lors des dernières journées de grève, de très nombreuses communes n'ont pu ou voulu organiser ce « service ». Au-delà de ces arguments, le parallèle avec Vichy trouve aussi dans le cas du SMA son sens : rappelons que ce le régime de l'Etat Français avait - en son temps - interdit les syndicats, puis les grèves...

Ces dérives antisociales et vichystes s'accompagnent de dérives sécuritaires. Le fichier Edvige, reprenait un fichier plus ancien des renseignements généraux instauré par le pouvoir socialiste, l'agrémentait de données personnelles dont on peut questionner la pertinence en terme de sécurité publique. Savoir que Monsieur X ou Madame Y est homosexuelle, ou catholique ou juif, n'apportent en effet rien à la protection des biens et des personnes, et ces données ne concernent de toutes façons en rien l'Etat. En revanche, ces informations regroupées font courir un risque aux personnes fichées, en cas de vol de fichier (cela s'est vu au Royaume-Uni) ou lorsque la dérive sécuritaire se sera amplifiée.

L'autre dérive sécuritaire marquée conduit à des interventions policières de plus en plus musclées à proximité des écoles, voire dans les écoles. Voilà quelques jours, en France, des gendarmes sont intervenus en plein collège au moyen de chiens policiers pour rechercher des élèves faisant usages de stupéfiants. Le récit de cette fouille par une des élèves l'ayant subie révèle sa violence. Extraits de ce témoignage : « Soudain, la porte s'est ouverte, laissant entrer deux [personnes] un monsieur chauve habillé en militaire (le dresseur de chien) et un gendarme très gros. Le chauve nous a dit : Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! » Le chien s'est alors « acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée. Le chien s'est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant : Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires ! Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s'empresser de me faire sortir. Dehors m'attendait une petite troupe de gendarmes... Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures. Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l'intention de l'autre gendarme : On dirait qu'elle n'a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! L'étape d'après, ce sera les classes de primaire et de maternelle ? Dans ce cas, il ne faudra pas oublier de vérifier les couches puisque l'on s'apprête à rendre possible l'emprisonnement de mineurs de 12 ans, et à détecter des germes de délinquance chez des très jeunes enfants, dès 3 ans !

Avec la chasse aux collégiens utilisateurs de stupéfiants, la « chasse aux clandestins » bat toujours son plein toujours à proximité de ces lieux, ou dans ces lieux, où parents sans papiers - mais pas sans travail - viennent chercher leurs enfants. Voilà un mois, des enfants d'une maternelle de Grenoble ont assisté au départ précipité de trois de leurs camarades et de leurs parents fortement encadrés par des policiers venus jusque dans l'enceinte de l'école, en pleine classe. Ceux-ci ont été expulsés de France le lendemain matin, aux premières heures sans possibilité de recours. D'autres arrestations violentes se sont produites en différents endroits où des parents ont été embarqués par les forces de police, et leurs enfants laissés sur le trottoir sous la garde des passants et instituteurs. Le cas de l'école Rampal à Paris est caractéristique : des parents se sont opposés à l'arrestation d'une personne âgée chinoise venue récupérer ses petits-enfants. Leur action a entrainé le jet de gaz lacrymogènes, et le lâché de chiens policiers à l'heure de la sortie des classes devant des parents et des enfants terrorisés. La directrice de l'école, qui tentait de mettre les enfants à l'abri, de discuter avec les forces de police a été arrêtée et placée en garde à vue pour « outrage et dégradation de bien public en réunion ». Un témoin raconte que dans ce quartier parisien, elle « ne peux plus sortir avec mon fils sans qu'on assiste à une interpellation ». Ce témoin précise que lors d'une de ces interpellations, l'un des sans papier a poussé des cris épouvantables qui lui ont « rappelé ceux que mon grand-père déporté poussait en cauchemardant ».


Vers la dictature molle ?

Toutes ces actions se doublent de faits qui montrent que nous sommes en route vers une dictature molle, et que nous y arriverons assez vite si la vapeur n'est pas renversée. Il ne s'agira pas de tuer des Français pour délit d'opinion, de les torturer, mais il s'agira de les faire taire, de leur faire peur au profit d'une minorité, une oligarchie mêlant copains et pouvoir financier.

Les premiers de ces faits révèlent en effet l'émergence d'un pouvoir clanique, voire purement personnel. Les liens qui lient Mr. Patrick Balkany et le président de la République sont connus. En dépit de plusieurs condamnations judiciaires, Mr. Balkany est toujours un ami du président, ce qui lui vaut d'être présent lors de très nombreux voyages officiels. On peut légitimement se demander à quel titre cet édile bénéficie de ces faveurs, lui permettant d'être traité parfois mieux qu'un ministre, au grand dam des responsables du protocole et dans un silence médiatique surprenant. Un autre exemple de la dérive clanique a, lui, été médiatisé. L'irruption d'indépendantistes corses dans la résidence secondaire de Mr. Christian Clavier, grand ami du président, a conduit au limogeage du coordinateur des forces de sécurité en Corse, Mr. Dominique Rossi, par le ministère de l'Intérieur. L'atteinte aux biens a consisté essentiellement dans un usage non autorisé de la piscine de la résidence et dans une dégradation d'une statue. Il est bon de rappeler que quelques jours plus tard, un instituteur sans problème, Mr Emmanuel Multedo, était abattu dans les rues de Bastia sans que cet assassinat ne soulève de réactions indignées à l'Elysée, et sans que des sanctions ne soient prises à l'encontre de responsable des forces de police. A ce jour, l'enquête sur ce dossier piétine toujours alors que les indépendantistes corses s'étant invités chez Mr. Clavier ont été jugés et condamnés. « Le fait du prince », commentera Mr. François Bayrou, qui ajoutera non sans raison « ce sont des décisions arbitraires et disproportionnées et qui montrent à quoi on arrive quand les pouvoirs sont ainsi concentrés entre les mêmes mains, quand le copinage avec les puissants remplace la raison d'Etat ».

La seconde série de faits concerne la main mise sur l'information. Celle-ci est en effet quasi-exclusivement aux mains de groupes industriels ou financiers proches du pouvoir. Les lecteurs d'Agoravox connaissent bien les liens qui existent entre Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa et les groupes Lagardère ou Bouygues. Ces mêmes lecteurs ont été tenus informés des manipulations fréquentes des images présentant le président de la République avec ou sans bourrelets, avec ou sans garde du corps, un peu plus grand que la réalité, ou d'un membre du gouvernement avec ou sans bague diamantée. Ces épiphénomènes sont caractéristiques de la situation actuelle, où l'image vaut plus que l'information, où la fiction remplace la réalité. Ces procédés sont rendus d'autant plus faciles que la presse d'opposition se fait rare, et que les opposants et sonneurs d'alarme peuvent rapidement se trouver soumis à de fortes pressions politiques, policières ou judiciaires. Citons le cas de France 2 et France 3, dont les directions seront nommées dorénavant par le président de la République, à l'image de ce qui se pratiquait du temps de l'ORTF. Rien d'étonnant, dès lors, à ce que le journal de France 3 et ses journalistes, plutôt indépendants du pouvoir politique, soient dans la ligne de mire des proches du président, des députés UMP allant jusqu'à demander sa suppression. Cette démarche est à rapprocher des propos agressifs du président lors de la préparation de son interview de campagne par cette chaîne. Devant attendre quelque temps pour son maquillage, Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa s'était emporté de façon inquiétante : « Il faut virer la direction de France 3 ! Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder ! ». Citons l'embauche à TF1, propriété du groupe Bouygues à qui l'Etat s'apprête à faire cadeau de la publicité divertie de France Télévision, de l'ancien chef de cabinet de Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa, Mr. Laurent Solly. Citons aussi le cas de Mr. Denis Robert, dont l'enquête sur le fonctionnement de chambres de compensation lui a valu et lui vaut des démêlés interminables avec la justice sans que cette même justice ne s'émeuve outre mesure des faits décrits dans ses publications. Enfin, citons la placardisation ou le licenciement de journalistes non-conformistes ou simplement « non-conformes », tels Messieurs Daniel Mermet, dont l'émission sur France Inter a été reléguée à une heure de faible audience, Richard Labévière de RFI, sanctionné pour un délit d'opinion et qui dénonce la mise au pas de l'audiovisuel depuis l'arrivée de la nouvelle direction proche du pouvoir politique, ou Ulysse Gosset qui paye là un portrait pour l'émission « le talk de Paris » de Mr. Bernard Kouchner, qui avait déplu au ministre des affaires étrangères. Le but de toutes ces man½uvres est de livrer à nos concitoyens une « information formatée », conforme aux v½ux du pouvoir, comme l'a admis bien involontairement le communicant gouvernemental, Mr. Thierry Saussez, en annonçant sur Public-Sénat qu'il projetait de créer une "émission de communication gouvernementale à la télévision" diffusée "dans l'idéal" sur le service public.

Ce formatage de l'information s'accompagne de son indispensable corolaire, la surveillance de l'opinion, des médias non alignés et leur harcèlement. Cette surveillance de l'opinion s'est révèlée au grand jour lorsque les syndicats enseignants eurent dénoncé le contrat passé par le ministère de l'éducation nationale avec une entreprise privée pour surveiller les médias en ligne, « les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d'associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d'opinion. » Cette surveillance ne s'arrête pas là : elle concerne aussi les forums, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, les appels et pétitions en ligne des enseignants. Autre exemple de pression sur les médias, le cas récent de Mr. Vittorio de Filippis, ancien directeur de la publication de Libération, arrêté devant ses enfants à une heure matinale à son domicile, insulté devant eux (« Vous, vous êtes pire que la racaille ! » diront les policiers) soumis à des fouilles corporelles dégradantes, pour une simple notification de mise en examen pour diffamation dans un nième procès opposant son journal à Mr. Niel et la société Free. Cette façon de procéder, défendue pourtant par les ministres de la justice, Mme Rachida Dati, et de l'intérieur, Mme M. Alliot-Marie, n'a jamais été mise en ½uvre envers un journaliste pour une telle notification. Ceci fait dire à la ligue des droits de l'homme qu'il est « urgent de réagir contre des dérives de plus en plus inacceptables de pratiques judiciaires et policières qui deviennent incompatibles avec l'Etat de droit ». De fait !

Le dernier volet de cette marche lente vers la dictature molle concerne la justice. Deux affaires illustrent bien le propos, mais bien d'autres pourraient être invoquées. La première est l'affaire « des terroristes de l'ultra gauche », arrêtés à leur domicile sur le plateau de Millevache pour destructions en réunion en relation avec une entreprise terroriste en lien avec les dégradations de caténaires subies par la SNCF. Il s'agit ni plus ni moins d'une manipulation de l'opinion par le gouvernement et les médias. En effet, la dénomination de terrorisme dans ce cas ne correspond en aucun cas aux actes reprochés. De plus, outre que l'implication des mis en examen dans ces dégradations ne soit en aucun cas prouvée, qu'ils soient donc présumés innocents, ceci n'a pas empêché la plupart des médias de répéter les vraies-fausses informations répandues par les policiers pour accréditer l'existence de ce groupe de terroristes. Seules quelques publications ont émis rapidement des doutes, dont le quotidien Libération qui publiait un article du philosophe italien Giorgio Agamben. Ce dernier écrivait alors « Les policiers sont tombés sur des documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d'arrivée dans les gares. En bon français : un horaire de la SNCF. Mais ils ont aussi séquestré du « matériel d'escalade. En bon français : une échelle.... » La seule conclusion possible de cette ténébreuse affaire est, toujours d'après ce philosophe « que ceux qui s'engagent activement aujourd'hui contre la façon (discutable au demeurant) dont on gère les problèmes sociaux et économiques sont considérés ipso facto comme des terroristes en puissance, quand bien même aucun acte ne justifierait cette accusation. Il faut avoir le courage de dire avec clarté qu'aujourd'hui, dans de nombreux pays européens (en particulier en France et en Italie), on a introduit des lois et des mesures de police qu'on aurait autrefois jugées barbares et antidémocratiques et qui n'ont rien à envier à celles qui étaient en vigueur en Italie pendant le fascisme. »

Si malgré cette accumulation d'évènements délétères, le lecteur n'était pas convaincu, il serait bon de revenir sur la loi sur la rétention de sûreté, que M. Sarkozy de Nagy-Bocsa et Mme R. Dati ont tenté de faire appliquer de façon rétroactive aux criminels déjà condamnés. Or la constitution est explicite sur la question : c'est tout simplement impossible. Le conseil constitutionnel a donc justement remis en cause cette volonté ministero-présidentielle rappelant par la bouche de son président, Mr. Jean-Louis Debré « la loi n'est pas rétroactive, il y a des principes généraux sur la non rétroactivité des lois sauf les lois pénales les plus douces ». Mécontent de cet état de fait, le président de la République, a cherché à remettre en cause cette décision. Il a saisi le président de la cour de cassation de la question provoquant une levée de boucliers chez les politiques et les magistrats. Ainsi, le président de l'union des jeunes avocats, Me. Lionel Escofffier déclarait que « cette décision de saisir le Premier président de la Cour de cassation pour le forcer à trouver une solution pour rendre rétroactive cette loi est d'autant plus juridiquement et intellectuellement inconcevable que la Constitution de la Ve République impose aux juridictions administratives et judiciaires de respecter les décisions du Conseil Constitutionnel qui ne sont pas susceptibles de recours ». Ajoutons à cela que depuis le régime de Vichy, seuls Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa et son gouvernement ont tenté de rendre rétroactive une loi dont les conséquences risquaient d'aggraver des peines encourues. Associé au mépris de l'opinion publique et du suffrage universel perçu lors de ratification du traité de Lisbonne par le Parlement, contre l'avis référendaire du peuple Français, et lors du non Irlandais à ce même traité, le fait que le président de la République tente tout simplement de s'asseoir sur la constitution dont il est le gardien est un des premiers symptômes de la dérive vers la dictature molle, dénoncée ici.
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# Posté le mercredi 03 décembre 2008 12:27